La bulle internet 2.0 éclatera-t-elle en 2011 ?
12 mai 2011
Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de la bulle internet 2.0.
Évoquée par plusieurs site ou journaux spécialisés (lisez à ce sujet l’excellente enquête de Capital.fr), cette nouvelle bulle internet apparaît de plus en plus tangible et nettement envisageable.
Rappel de faits
Mars 2000 (soit il y a un siècle à l’échelle du net), la bulle internet est à son paroxysme.
Mai 2000, les investisseurs de boo.com, site de vente en ligne de fringues branchés, refusent d’alimenter un nouveau tour de table. C’est la première grosse faillite de web (130 millions de pertes, 200 employés sur le carreau).Tel un e-Lehman&Brothers, la liquidation de cette société entraîne avec elle toute la net-économie. Le web entre alors au purgatoire pour quelques d’années.
Mai 2011…
Emballement
Facebook et son modèle économique encore bancal, valorisé à 50 milliards de dollars. Un appétit, parfois irrationnel, de investisseurs pour tout projet contenant le terme « social média ». Des introductions en bourse fracassante à venir.
Ça ressemble à une bulle, ça a la saveur d’une bulle…. Est-ce une bulle pour autant ?
Aucun contrôle
Il ne faut pas se leurrer. Si les chiffres de fréquentations et d’utilisation des réseaux sociaux sont impressionnants, les taux de concrétisations eux sont catastrophiques.
L’enquête du site Outbrain révèle, par exemple, qu’en moyenne, les réseaux sociaux ne représentent que 3% du trafic d’un site web. Il s’avère également que les visiteurs provenant des réseaux sociaux repartent assez vite. Le taux de rebond explose sur ce type de sources. Les utilisateurs zappant d’un contenu à l’autre.
Même si certains chiffres montrent que l’acquisition de leads sur les réseaux sociaux est relativement faible, le temps passé à animer une communauté est conséquent et vient encore alourdir la facture d’un tel dispositif.
Les pros des social médias ne cessent de le répéter, on ne peut pas calculer de R.O.I pour ce type de support. C’était exactement le discours que tenaient les gens du web à la fin des 90 : rien ne sert de calculer le R.O.I. d’un site web. Après l’éclatement de la bulle, il a bien fallut s’y résoudre.
C’est d’autant plus insensé, qu’il est tout à fait possible de calculer un R.O.I pour une page Facebook, un compte Twitter, etc. Bien souvent hélas, ce R.O.I. n’est pas bon. Il est donc plus facile pour certains de dire que ce n’est pas pertinent ou de parler de R.O.N.I (Risk on Non Invesment.) que d’avouer qu’une rentabilité reste dure à trouver.
Pour le moment les annonceurs suivent, sans trop se poser de question, mais jusqu’à quand ?
Si la première bulle avait éclaté parce que les internautes ne consommaient pas assez sur le web pour couvrir les frais de fonctionnement, la deuxième pourrait venir d’un retrait important des annonceurs sur ce type de support.
C’est pour quand ?
Si on faisait une petite analogie avec la précédente bulle qui a mis 4 ans a éclaté ( 1996 : le nb d’ordinateurs connectés dépasse les 10 millions -> mars 2000 : éclatement de la bulle), on pourrait se dire que l’éclatement n’est pas loin. (2006 : ouverture de Facebook à tous -> 2011 : éclatement de la bulle 2.0?).
Cependant, la bulle pourrait encore perdurer. On peut supposer que l’introduction en bourse en 2012 des gros acteurs du marché devrait servir de détonateur et que celui-ci sera déclenché lors des premières publications de résultats qui seront alors devenus obligatoires. RDV en mars 2013 ?
Les conséquences
Si la bulle éclate, les gros s’en sortiront très bien. Comme lors de la crise internet de 2000, ça tanguera un peu pour eux, mais la plupart pourront supporter le crash. D’autant plus que ces sites n’ont pas fait la même erreur que leurs aînés en cherchant rapidement à engendrer du C.A. comme l’explique très bien cet article des Echos.
Comme pour toutes les crises, se sont surtout les petits qui vont faire les frais de cet éclatement.
Les agences spécialisées dans le community management seront très probablement mis au ban du secteur. Et un bon paquet de community managers devront se recycler.
Peut-on éviter cette bulle internet 2.0 ?
Si emballement il y a, il peut tout à fait être contenu si tous les acteurs gardent leur sang froid et garent les pieds sur terre (ce qui est difficile quand les investisseurs se bousculent au portillon).
Les réseaux sociaux doivent redoubler d’effort sur la clé de leur modèle économique : les annonceurs. Ce que fait très mal Facebook.
Les agences et les pros du secteurs doivent stopper les discours du type « pour la rentabilité, on verra après ». Il est important de définir des indicateurs précis et partagés par tous comme se fut le cas pour le web1.0 après la crise de 2000 qui a vu la démocratisation des termes comme Cout P Mille affiche, Cout du Clic, Taux de concrétisation, etc.
Sinon tout ça reste de faire un sacré boucan en explosant.



Bonjour, je m'appelle Pierre (aka Qyrool). Je bosse dans le 
« Si la bulle éclate, les gros sans sortiront très bien. »
Oups coquille
Mais ton article est intéressant !
oupy, c’est corrigé